Écologie
Que devient le bois d'un arbre abattu ? Le bois de chauffage en question

Un abattage laisse toujours derrière lui une quantité de bois qui surprend souvent par son volume une fois le tronc débité. Plutôt que de considérer ce bois comme un simple déchet à évacuer, une partie peut devenir une ressource de chauffage, à condition de connaître quelques principes de base sur le tri des essences et le temps de séchage.
Quelles essences valent la peine d'être conservées
Toutes les essences ne se valent pas une fois converties en bûches. Le chêne, le charme et le hêtre, fréquents dans les jardins et les alignements de l'agglomération caennaise, offrent une combustion lente et une bonne densité énergétique, ce qui en fait des bois de chauffage recherchés. Le frêne, également courant, brûle bien même avec un séchage un peu moins poussé que d'autres essences. À l'inverse, le peuplier, le saule ou le tilleul produisent un bois plus léger qui brûle rapidement avec une chaleur moindre : ils restent utilisables en complément mais ne constituent pas un bois de chauffage principal satisfaisant.
Le temps de séchage, une étape qu'on ne peut pas raccourcir
Un bois fraîchement coupé contient une proportion d'eau importante, invisible à l'œil mais déterminante pour la combustion. Le brûler trop tôt produit davantage de fumée que de chaleur et dépose du bistre dans le conduit, ce qui augmente le risque de feu de cheminée à terme. Le séchage se fait à l'abri de la pluie mais avec une bonne circulation d'air, jamais dans un espace complètement fermé qui retiendrait l'humidité. Le temps nécessaire varie selon l'essence, le diamètre des bûches et les conditions de stockage, mais reste toujours compté en mois : un bois débité en fin d'automne ne sera généralement prêt à brûler qu'après un cycle complet de séchage, rarement avant la saison de chauffe suivante.

Débiter et fendre au bon diamètre
Une bûche trop épaisse sèche mal en son cœur, même après une longue attente en extérieur. Fendre le bois en morceaux d'un diamètre raisonnable après un abattage accélère nettement le séchage en exposant davantage de surface à l'air. Cette étape se fait idéalement peu de temps après la coupe, quand le bois encore frais se fend plus facilement qu'une fois sec et durci.
Ce qui ne se garde pas comme bois de chauffage
Les branches fines, les rameaux et le houppier léger ne valent pas la peine d'être conservés comme bois de bûches : leur volume de bois utile est trop faible par rapport au temps de découpe nécessaire. Cette partie de l'arbre trouve un meilleur usage une fois passée au broyeur, transformée en broyat réutilisable au jardin plutôt qu'entassée sans finalité. Le tri entre ce qui part en bûches et ce qui part au broyage se fait généralement au moment même du chantier, directement sur place.
Le bois issu d'un arbre malade se chauffe-t-il normalement
Un arbre abattu pour cause de maladie, de cavité ou de champignon lignivore garde en général une valeur de chauffage identique, tant que le bois reste sec et sain une fois débité : la pathologie qui affecte un arbre sur pied n'altère pas les propriétés calorifiques du bois une fois coupé et séché correctement. Seule une partie du tronc réellement pourrie, friable au toucher, doit être écartée du tas de bûches et traitée comme un déchet vert.
Une ressource locale, pas un déchet à jeter
Sur les grandes parcelles de Verson, où plusieurs arbres bordent parfois la vallée de l'Odon, comme sur les terrains plus boisés de longue date à Troarn, un abattage représente souvent plusieurs stères de bois valorisables. Anticiper cette question avant le chantier, en précisant ce que l'on souhaite conserver et ce qui peut partir au broyage, évite de se retrouver avec un tas de bois qui ne trouve finalement aucun usage faute d'avoir été trié à temps.
Bien stocker le bois pendant tout son séchage
Le mode de stockage compte presque autant que le temps écoulé pour obtenir un bois réellement prêt à brûler. Un tas de bûches posé à même le sol, en contact direct avec l'humidité de la terre, sèche beaucoup plus lentement qu'un tas surélevé sur des palettes ou des rondins, qui laisse l'air circuler également par le dessous. Une couverture qui protège le dessus du tas de la pluie, sans jamais envelopper complètement les côtés, préserve cet équilibre entre protection contre l'eau et ventilation nécessaire à un séchage homogène. Un tas trop compact, sans le moindre interstice, retient l'humidité en son cœur bien après que les bûches extérieures paraissent déjà sèches au toucher. Un rangement en quinconce, qui laisse de petits espaces d'air entre les rangées, accélère sensiblement le séchage complet du tas par rapport à un simple entassement réalisé sans méthode particulière.


